ajoutée le 2007-01-04 09:51:31
Les revenus des établissements français ont stagné l'an dernier.
RIEN NE VA PLUS. Sur fond de grogne sociale, les 193 casinos de France ont clôturé leur année comptable (31 octobre 2006) par une progression plus que mesurée de leurs revenus. Le produit brut des jeux (PBJ), qui correspond à la différence entre les mises et les gains, s'est élevé sur la saison 2005-2006 à 2,705 milliards d'euros, soit une progression de 2,16 % par rapport à la saison 2004-2005. « Ces résultats sont conformes à nos attentes et traduisent bien le mal-être de la profession », commente Patrick Partouche, le président du groupe éponyme, coleader sur le marché français avec Lucien Barrière.
Car cette progression masque une réalité plus difficile. Alors que trois nouveaux établissements ont ouvert en 2006, dont celui de Toulouse en août, les enjeux stagnent, voire diminuent. Les dix premiers casinos français (voir carte) voient ainsi pour la deuxième année consécutive leur PBJ diminuer de 0,06 % à 628,7 millions d'euros contre - 3,25 % la période précédente. « Nous affichons une progression de près de 2 % malgré de nouveaux casinos et les machines à sous. À périmètre stable, nous sommes en diminution », reconnaît Benjamin Tranchant, vice-président du groupe du même nom.
Concurrence d'Internet
En fait, le parc des machines à sous (MAS) est proche de la saturation. Leur arrivée a permis de gonfler la croissance des revenus des casinos. Enghien, près de Paris, exploité par Lucien Barrière, s'est ainsi hissé depuis 2001, lors de l'introduction de bandits manchots, au premier rang des établissements français. Seuls Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne) et La Trinité-sur-Mer, en Bretagne, ne possèdent pas de MAS parmi les 193 casinos français et se classent aux derniers rangs. Car les MAS sont incontournables. Elles représentent désormais 93,83 % du PBJ total en France, soit 2,538 milliards d'euros.
Autre explication de la stagnation de l'activité des casinotiers français : l'attrait de plus en plus vif des jeux d'argent sur Internet. Et dans ce domaine, la législation française n'est pas prête de changer d'un iota. « Nous allons privilégier la prévention, explique-t-on au ministère de l'Intérieur. Derrière les jeux en ligne, nous voulons éviter le blanchiment d'argent provenant de la drogue et du terrorisme, ainsi que l'addiction des jeunes aux jeux. » Dans le cadre du projet de loi contre la délinquance, le gouvernement va renforcer en ce début d'année les sanctions contre la publicité et installer une cellule de veille informatique pour dépister tous ces trafics et contrôler les flux financiers, notamment par le blocage des avoirs financiers. « La France doit adopter une attitude cohérente par rapport à la concurrence internationale, insiste Patrick Partouche. Elle doit clarifier sa position vis-à-vis des opérateurs de jeux d'argent sur Internet : soit leur interdire l'accès, y compris au PMU et à La Française de jeux, soit leur accorder une licence, les casinos inclus ». On en est encore loin.
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