ajoutée le 2007-01-03 11:50:28
Argent & sexe - Le Casino du lac Leamy fêtera son dixième anniversaire en mars prochain. Kevin Taylor, le directeur du casino souhaite donc augmenter l’achalandage au casino et les recettes, pour ce faire, il mettra tout en œuvre afin qu’on assimile le gambling à une activité ludique et son casino à un lieu de «divertissement».
Pour ces objectifs, il utilisera, entre autres, des Playmates du magazine Playboy pour faire la promotion des machines à sous. L’industrie du sexe et du gambling ont toujours eu des relations très intimes. Originellement, elles étaient toutes deux des chasses gardées du crime organisé. Mentionnons que les machines à sous rapportent plus de 85% des profits des casinos et que les adeptes des différents types de machines à sous (ALV et bandit-manchot) représentent (+/-) 96% des demandeurs de traitement pour joueurs compulsifs.
Pour Amnon Jacob Suissa, professeur et auteur du livre «Le Jeu compulsif, vérités et mensonges» qui était cité dans le journal LE DROIT (19-10-2005) tout ça est de la poudre aux yeux. "Le Casino du lac Leamy est très subtil avec ses soirées thématiques, lance-t-il. En donnant à la population un accès au glamour et au luxe, le casino ne vise qu'une seule chose, l'acceptation sociale du jeu comme loisir acceptable et correct."
Alain Dubois de la coalition EmJEU (Éthique pour une modération du jeu) va dans le même sens «L’industrie du gambling, y compris Loto-Québec font beaucoup d’effort afin que l’on associe les jeux de hasard et d’argent que l’on retrouve dans les casinos à de véritables jeux, selon mon édition du dictionnaire Le Petit Robert, le jeu est une: "Activité physique ou mentale purement gratuite, qui n’a dans la conscience de celui qui s’y livre, d’autres buts que le plaisir qu’elle procure". Donc, pour que ce soit un «JEU», une activité doit être totalement gratuite et n’avoir d’autres buts que le plaisir qu’elle procure. On constate donc les supposés «JEUX» qui sont exploités par notre Société d’État ne correspondent pas à cette définition.» Pour Alain Dubois les jeux de hasard et d’argent (gambling) ne sont qu’une taxe régressive déguisée, une arnaque légalisée ou les principaux et presque uniques gagnants sont les casinos et les sociétés et gouvernement qui en sont les propriétaires.
Il souligne que ces efforts visant à «confondre les genres» vont, très loin, aux États-Unis et «dans la plupart des pays anglo-saxons l’industrie et les fondations qui lui sont associées utilisent de plus en plus le mot gaming au lieu de gambling, jugé trop péjoratif. Aussi, on installe de plus en plus des centres de divertissements de type récréotouristique avec les casinos afin de changer la perception des citoyens face à ces établissements qui est le plus souvent négative».
Au Québec, rappelle t’il, le pourcentage de toxicomanes du jeu (joueurs compulsifs) se situe, selon les études, entre 2.1% et 5% alors qu’il n’y a que 0.9% de toxicomanes (drogues illicites) et 1.9% d’alcooliques. |